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La puissance et la joie
Dans le vif et violent bordel d’un quartier pauvre de Kinsasha, les shégués, ces enfants qu’on balance à la rue sous prétexte qu’ils sont sorciers, nous embarquent dans une fiction en forme de docu d’une vitalité très précieuse et d’une intelligence rare. Une heure et demie de bastringues et de bastons, de cris et de musiques, d’éclats de violence et de joie…
Marc-Henri Wajnberg serait plutôt documentariste, et si son premier film (Just Friends) était une fiction raide dingue de jazz, elle était en partie nourrie (c’est lui qui le dit) par le travail génial et hors normes du grand maître Peter Watkins (Punishment Park est à…
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Un road-movie enjoué et léger : cap sur l’Argentine et son vent de liberté !
Qui n’a pas souhaité, sur un coup de tête, traverser l’Amérique du Sud à moto en sortant de Carnets de voyage ? L'Argentine fait rêver le vieux continent. Elle nous attire, réveille nos fantasmes, chante au loin sa sensualité. Là-bas, même la langue espagnole perd de ses aspérités pour susurrer à nos oreilles des mots caressants. On l’imagine, de l’autre côté de l’océan, trépidante et enflammée, gorgée de soleil et de vin.
Il semblerait que le pays du Sol de Mayo ait exercé son charme sur Edouard Deluc. Ce n’est…
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Dans la fixité du mouvement
Premier long métrage pour François Pirot qui s’était d’abord illustré comme co-scénariste de Nue Propriété et Élève Libre de Joachim Lafosse. Le réalisateur avait déjà séduit les jurys des festivals « Le court en dit long » à Paris et « Premiers plans » à Angers avec Retraite, sorti en salle en 2005 et disponible en bonus sur le DVD. Ce premier court métrage pourrait être l’embryon de Mobile Home sur lequel sont venus se greffer d’autres personnages, d’autres destinées, d’autres questionnements. Cette maison mobile a rapidement fait des adeptes : le…
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Les chevaux de Dieu ouvrent les portes du Paradis
Le Paradis est-il une notion désuète aux yeux des esprits éclairés, intellectuels instruits dans les philosophies du savoir, rompus aux exercices de la logique, pour qui la foi est synonyme d'obscurantisme ? Le paradis représente pourtant, pour beaucoup, l'unique espoir de rendre la vie sur terre acceptable, de ne pas perdre la raison de vivre face à l'humiliation, l'injustice et la misère. Le paradis est peut-être ce qui reste encore comme lueur d'humanité dans le regard abattu de ceux qui sont réduits à vivre comme des fourmis. Ceux qui vivent cachés, enfouis dans les bidonvilles de l'opulence, les renégats du Welfare…
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Zindeeq de Michel Khleifi est récemment sorti en salle, à l'Actor's Studio. Les éditions du Paradoxe sortent en DVD (Digital Versatil Disc) Noce en Galilée et Le Cantique des pierres, deux autres films de ce grand réalisateur, ancré dans le conflit israëlo-palestinien sans pour autant diaboliser les uns ou les autres.Michel Khleifi, en suivant les sentiers plutôt que l'autoroute du cinéma, a expérimenté et créé une façon de présenter les histoires dans l'Histoire. Dès son premier film, La Mémoire fertile (le parcours de deux Palestiniennes), il diffuse un style qui mélange la fiction et le documentaire dans la maturation de la durée du temps.… Lire l'article
Il y a une petite dizaine d'années, les discussions autour des politiques de financement du cinéma enflammaient les esprits et les imaginations. On se prenait à rêver aux jours bénis où entrepreneurs et mécènes pourraient, d'un geste large et magnanime, investir dans la création cinématographique.
Enfin l'argent coulerait à flots ! Il n'y aurait que des avantages à mettre de l'argent dans le 7e art : celui de donner son argent à la création plutôt qu'aux impôts (grandiose pour les mécènes en herbe !), être invité sur les plateaux de tournage, les avant-premières. Bref, faire partie de cette grande famille qu'est…
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La fin du monde ou le désastre
Ah ! Un film d’auteur européen au scénario de film catastrophe ! Chouette chouette ! On se frottait les mains en se demandant bien ce qu’ils nous avaient concocté là. Certes, Brosens et Woodworth viennent du documentaire, et lui, des sciences-humaines, avant d'avoir réalisé une trilogie en Mongolie. Khadak et Altiplano étaient tous deux des films très contemplatifs, amples et lyriques. Tous deux racontaient l’histoire de peuples en lutte contre leur extermination programmée (entendre ici la méthode moderne : l’exploitation capitaliste de la terre et des hommes, jusqu’à la mort). On ne s’attendait donc pas non plus à…
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Un film de Fien Troch, c'est un peu comme la salle d'attente de l'assistante sociale, ça semble très long, c'est glauque, et on se demande un peu ce que l'on fait là. Installés dans un salon rococo décoré de papillons morts, nous étions psychologiquement préparés à une interview conceptuelle durant laquelle, à l'instar de ses réalisations, l'on se regarderait en chiens de faïence, bouche ouverte une demi-heure durant. Nous rencontrâmes en fait une jeune femme disserte, nous livrant quelques clés permettant de faire un peu la lumière sur ce film très sombre et récemment primé au festival de Gand.
Cinergie : Après Een ander…
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Un coup de foudre sinon rien
La vie bien rangée, dans un couple pantouflard, de Paulo, pianiste à la Cinémathèque, se brise lorsqu'il croise le regard d'Ilir, un musicien d'origine albanaise. Après une soirée alcoolisée qui a éteint les inhibitions et les interdits, Paulo s'éveille aux côtés de cet amant soudain et inattendu, ou sans doute trop attendu.
Pour son premier long métrage, après Vivre encore un peu (2009), court très remarqué, David Lambert filme une histoire d'amour entre deux garçons et parvient d'emblée à s'échapper de la thématique sociale « homosexualité » pour s'attacher,…
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Film venu d'ailleurs en dehors du circuit de la production courante en Belgique, La tête la première d'Amélie Van Embt est un film très intéressant, presque champêtre, se passant en dehors des grandes villes, de la province du Luxembourg à la Normandie française. Le film conte, avec un côté médiéval et contemporain (entre mysticisme et sexualité), les jeux de l'amour. Cupidon lance ses flèches sur Zoé (Alice De Lencquesaing), une jeune blonde qui veut donner du sens à sa vie, et sur Adrien (David Murgia), un jeune acteur qui joue le vagabond céleste sur les routes. Et comme Cupidon n'a pas qu'une flèche à son arc, il est difficile d'y… Lire l'article
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On achève bien les chevaux…
Cinéart vient de sortir un coffret de 4 DVD consacré à la chorégraphe que l’on ne présente plus (et surtout pas en Belgique), Anne Teresa de Keersmaeker. Plus de 6h00 d’extraits de spectacles, de répétitions, d’interviews sur vingt années de pratique. Les fans auront de quoi se réjouir, les autres, intérêt à fuir à moins de vouloir finir aussi lamentablement que Gloria (Jane Fonda) épuisée par le marathon de danse dans le film de Sydney Pollack On achève bien les chevaux. Un marathon visuel insensé donc, et à l’image des spectacles, une impression répétitive, qui rend ivre.
Disque…
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Le Festival qui dérange
4.000 spectateurs en 2011, 6.000 en 2012, et 8.000 espérés lors de la troisième édition, qui se tient du 15 au 22 janvier : les chiffres parlent d’eux-mêmes, il faut désormais compter avec le Ramdam Festival de Tournai, dans le pourtant déjà si riche paysage cinématographique belge.
Si des villes comme Bruxelles, Charleroi, Liège, Mons et Namur bénéficient chacune de leur Festival (court ou long métrage) depuis belle lurette, Tournai et ses 70 000 habitants était, jusqu’il y a deux ans, une grande cité francophone orpheline d’un événement dédié au 7ème art, digne de ce nom. Conscients de ce manque, et désireux…
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Une femme d’âge mûr court malicieusement jusqu’à l’orée d’un champ de maïs où elle pénètre. La fossette espiègle, elle jette un dernier regard derrière elle, sur un air sobre de piano aux notes doucement appuyées et dramatiques.
Dans son atelier, un homme s’adonne au dessin technique d’un vase, tandis que cette même femme « tchipelle » au téléphone au sujet de son petit-fils de 12 ans. Elle raccroche, dit à cet homme qu’elle a encore rendez-vous avec son médecin, mais il ne lui prête qu’une attention distraite, distante et poursuit son travail.
On sent l’habitude installée par un long moment…
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Au sein d'un petit cercle littéraire composé de jeunes révoltés ayant subit la guerre 14-18, le surréalisme s'installe à Paris. Il va se répandre comme une trainée de poudre dans toute l'Europe de l'après-guerre, et se perpétuer au-delà de la Seconde Guerre mondiale. En Belgique, territoire moins centralisé que la France, l'activité surréaliste, aventure réfléchie et rigoureuse mais plus segmentée, se déplace dans les différents territoires du pays : à Charleroi, Liège, Anvers et Bruxelles. Commencée en 1924, cette histoire entre amis et complices se poursuit encore de nos jours.
Est-ce un film sur le patrimoine…
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Ouverte et chaleureuse, Kadija Leclere nous reçoit dans une ancienne usine de plongée, aujourd’hui entièrement retapée en habitation. C’est aussi là qu’elle travaille, et fait passer des auditions dans un grand studio au rez-de-chaussée. Connue de tout le milieu du cinéma comme directrice de casting, elle est passée derrière la caméra en 2001 avec Camille, son premier court métrage. Après Sarah et La pelote de laine, Le Sac de farine, son premier long métrage de fiction, cumule les figures féminines qui irriguaient ses premiers courts. Sarah est une petite fille que son père vient chercher dans un orphelinat catholique pour l’emmener dans un pays qu’elle ne… Lire l'article